>>>Rome, éternellement jeune
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Rome, éternellement jeune

Conjuguant passé, présent et avenir, Rome possède le pouvoir de se réinventer sans cesse, même aux yeux de ceux qui l’ont déjà visitée plusieurs fois.
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ome l’éternelle n’est, à chaque fois, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre… Rome sait rajeunir, car elle construit son présent sur les vestiges de son Histoire. Parmi les visites à faire et à refaire, on peut arpenter la voie Appienne, parcourir les galeries de la catacombe de Saint-Calixte… Des incontournables ! Un jour, Nelson Mandela avait déclaré : « Il n’y a rien de mieux que de retourner dans un endroit qui est resté inchangé pour comprendre à quel point vous avez changé ». Et c’est ce qui se produit à Rome. Vous souhaitez en faire l’expérience ? Suivez donc les traces de Stendhal dans ses Promenades dans Rome (1829). Parcourez les sept collines, montez au Capitole, entrez dans ses musées… N’est-ce pas en Italie que Stendhal souffrit d’une sensation d’émerveillement tellement intense qu’il en eut le souffle coupé, d’où le nom de « syndrome de Stendhal » donné à cette affection ? « Une overdose de beauté » que l’on ressent déjà au mont Palatin, entre le forum romain et le Circus Maximus, à l’origine de la ville.

Les parcours littéraires de la ville de Rome sont hantés par les mots d’Alberti, de Joyce, de Goethe, de Gogol, d’Andersen ou de Stendhal.
Photo: Alberto Rodríguez.

Une ville féline

Rome et les chats ont toujours entretenu une relation spéciale. Les félins se cachent dans ses ruines et posent même comme modèles sur les cartes postales. La Torre Argentina est un lieu particulièrement fréquenté par la gent féline. Au coin de la Via Florida, elle est devenue le refuge de quelque 150 chats qui adorent être photographiés.

Pétrarque fut peut-être l’un des meilleurs « guides » littéraires de Rome. Il estimait qu’il fallait être bien sot pour admirer d’autres villes avant d’avoir vu Rome. Ce livre parcourt des lieux atemporels admirés par des écrivains universels… Le guide d’EnRoma, une entreprise qui organise diverses routes littéraires, nous explique que la ville peut être vue « avec le regard d’écrivains voyageant à leurs époques et avec leurs propres mots » ; « des écrivains de langue espagnole, des contemporains, des Latins de la Rome antique… ». Rome est plurielle : il y a la Rome de Dickens, les heures italiennes d’Henry James, ou encore le lyrisme qui fascina Rainer Maria Rilke.

Le voyageur ne doit pas quitter Rome avant d’avoir visité le Colisée ou la fontaine de Trevi, immortalisée par Anita Ekberg. La nouveauté, c’est qu’il pourra le faire dans un environnement rénové. L’amphithéâtre a été restauré pendant deux ans, les structures renforcées, la façade nettoyée et les espaces accessibles au public ont été augmentés de 25 %. Tout comme la Fontana qui, après des années de travaux, vient de se débarrasser de ses échafaudages. Enfin, les sculptures du XVIe siècle des Quattro Fontane ont également fait une cure de jouvence.

La résidence féline existe depuis les premiers travaux de terrassement effectués pour construire la Torre Argentina en 1929. D’abord improvisée, elle est désormais chapeautée par une organisation.
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La ville aux mille trésors

Après l’ouverture des jardins pontificaux au public en 2014, c’est la résidence d’été du pape à Castel Gandolfo qui est devenue accessible aux visiteurs depuis septembre 2015. Quand le directeur des musées du Vatican, Antonio Paolucci, a annoncé la nouvelle, il a assuré que le pape François désirait partager « l’art resplendissant allié à la gloire de la nature ». Le parcours démarre dans les jardins Barberini, un lieu surnommé « le second Vatican », avec ses herbes aromatiques qui poussent à l’ombre d’une architecture soignée.

Le parc Villa Gregoriana associe éléments naturels et artificiels, comme certaines cascades.
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Hormis ces nouveautés, Rome est éternelle parce qu’elle offre de petits trésors au-delà du Vatican et du Panthéon d’Agrippa. Mettez votre main dans la Bocca della Verità (Bouche de la Vérité) de la basilique de Santa Maria in Cosmedin, puis arrêtez-vous devant le temple d’Ercole Vincitore. Il faut dépasser la dimension touristique, se laisser fasciner par l’église Sainte-Marie de la Victoire et la blancheur de l’extase de Sainte-Thérèse. Visitez les églises comme celle du Gesù ou la basilique Sainte-Marie-Majeure. Et visitez l’EUR, le quartier créé par Mussolini pour l’Exposition Universelle de Rome (qui fut annulée en raison de la Seconde Guerre mondiale). Promenez-vous à vélo dans la Villa Borghèse. Traversez l’amusant quartier du Trastevere. Sillonnez l’île Tibérine et rappelez-vous de ces mots de Stendhal : « Je ne vous demande point de me croire sur parole ; seulement, si jamais vous allez devers Rome, ouvrez les yeux. »

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