>>>L’empreinte de Zaha Hadid
Photo: Render by Methanoia © Zaha Hadid Architects

L’empreinte de Zaha Hadid

Zaha Hadid, figure de l’architecture déconstructiviste, a tiré sa révérence. Mais son héritage est bien vivant. De Londres à Riyad, nombreux de ses projets sont en train de sortir de terre.
J
e crois que la grande réussite de Zaha a été de concrétiser ses belles visions graphiques et son approche sculpturale de l’architecture, ce qui gênait tant certains de ses détracteurs ». Cette phrase de Norman Foster résume à la perfection la révolution conduite par sa consœur, l’architecte britannique d’origine irakienne, Zaha Hadid, disparue en mars dernier. Elle fut la première femme à obtenir le prestigieux prix Pritzker et la Médaille d’or royale pour l’architecture, décernée par l’Institut royal des architectes britanniques. Son héritage est impressionnant : en tout, il existe une centaine de ses réalisations à travers le monde. D’autres sont toujours en cours de construction…
La station KAFD du métro de Riyad va disposer de six plateformes.
Photo:© Zaha Hadid Architects

Un métro dans le désert

Depuis juillet 2015, le métro de Riyad est en cours de construction, et la station King Abdullah Financial District (KAFD) portera la signature de ZHA. L’architecte y a imaginé un espace public multifonctionnel.

Son cabinet d’architectes est situé à Londres, là où la « reine des courbes » a passé une grande partie de sa vie. Elle n’est plus là mais son cabinet veille à la poursuite de ses chantiers. Son équipe a d’ailleurs prévu de déménager ses bureaux dans l’ancien Design Museum, acheté par Zaha Hadid en 2013. Un geste posthume émouvant qui jettera les bases de l’ère « post-Hadid ».
Le cabinet Zaha Hadid Architects (ZHA) travaille actuellement sur 35 chantiers disséminés dans plus de 20 pays. Le premier projet posthume de l’architecte, la gare maritime de Salerne, en Italie, a été inauguré en avril 2016. D’autres devraient être finalisés avant la fin de l’année 2016. Parmi eux, le port maritime d’Anvers (Belgique), le Centre de Recherche sur le Pétrole du roi Abdallah à Riyad (Arabie saoudite), et la Galerie des mathématiques du Musée des Sciences à Londres. Le projet londonien, avec un budget de 12 millions de dollars, s’inscrit dans un plan directeur quinquennal pour le district de South Kensington. Pour cette commande, Zaha Hadid avait souhaité explorer l’influence des mathématiques dans la vie quotidienne en transformant des concepts abstraits en une expérience interactive. Ainsi, l’élément phare de la galerie est le Handley Page, un petit avion expérimental conçu en 1929, c’est lui qui a été la source d’inspiration de l’architecte pour ce projet.
À Macao, le projet d’hôtel imaginé par ZHA va devenir la cinquième tour du complexe City of Dreams.
Photo: © Zaha Hadid Architects
Zaha Hadid a laissé son empreinte aux quatre coins du monde, notamment au Moyen-Orient et en Asie. Ainsi, en Arabie saoudite, plusieurs de ses projets sont en cours de construction. À l’image de ce bâtiment en forme de dune qui est en train de voir le jour en plein milieu du désert de Sharjah. Il va accueillir le siège de la compagnie Bee’ah, une entreprise de gestion de déchets du Moyen-Orient.
Au Cambodge, à Phnom Penh, le Sleuk Rith Institute, un institut et mémorial dédié aux victimes du génocide cambodgien, est lui aussi en train de sortir de terre. Inspiré par l’architecture du site archéologique d’Angkor, l’édifice va être composé de cinq tours en bois qui s’entrecroisent. Le bâtiment va accueillir un musée, une université, ainsi qu’un centre de documentation sur le génocide. En Chine, l’aéroport de Pékin, qui est le plus fréquenté au monde, aura un nouveau terminal signé ZHA. Près de 45 millions de voyageurs y sont attendus chaque année.
Toujours en Chine, en plein cœur du complexe City of Dreams, à Macao, Zaha Hadid a imaginé un hôtel de luxe de 150 000 m2, avec 40 étages et 780 chambres. Il va ouvrir en 2017. Recouvert d’une structure en ossature métallique et doté d’un atrium central grandiose, ce projet est présenté comme un seul et même « élément sculptural ». C’est précisément ce que certains de ses détracteurs lui ont reproché.
L’héritage de Zaha Hadid n’en finit donc pas de grandir. Il reste fidèle aux idées de l’architecte, qui avait déclaré : « Je souhaite réaliser des bâtiments produisant un nouveau type de paysage, en harmonie avec les villes contemporaines et les vies de leurs habitants. »

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